Le Larynx Virtuel

Ce terme à lui seul revêt une consonance particulière, interpellant. Nous savons tous ce qu’est un larynx: l’organe  produisant la voix humaine. Nous sommes aussi aux faites de ce qu’est la virtualité: une nouvelle réalité pour ainsi dire “matérielle”, que l’ère du numérique nous propose pour ne pas dire nous impose.

Réunis en une seule appellation, ces deux mots pourraient aussi sous-entendre un dispositif médical, censé redonner la parole à ceux, qui par maladie ou accident, la perdraient définitivement.

Dans le cadre de nos expériences TCI, cette appellation semble marier intelligemment la réalité intrinsèque de l’homme (et de son organisme), avec la virtualité qui, dans une certaine mesure, en construit une copie dématérialisée. Redonner ici la parole à ceux qui n’ont plus de vie telle que nous la concevons et ce à travers un dispositif aux allures médicales, est une aventure extraordinaire en soit mais cependant pas inédite.  

D’obédience spirite, notre groupe s’est éduqué grâce aux multiples témoignages que l’histoire du spiritisme peut offrir. Dans le lexique des phénomènes qui ont fait le cément du spiritualisme moderne, l’obtention des voix spectrales avait une certaine récurrence, donnant lieu à des expériences célèbres. Elles sont pour la plupart évoquées dans le fabuleux livre d’Arthur Conon Doyle «l‘histoire du spiritisme».

Dans notre recherche sur le moyen de communiquer «instrumentalement» avec les esprits, nous nous sommes naturellement inspirés de ce qui s’est fait dans le passé. C’est bien entendu dans l’appellation de notre système que nous rejoignons les fabuleuses expériences spirites d’antan, car dans le fond des choses ce sont les esprits eux-mêmes qui nous orientent vers telles ou telles expériences.

Revenons sommairement sur l’histoire des voix directes dans le cadre des expériences médiumniques (passage du livre histoire du spiritisme) :

«…Jonathan Koons, fermier de L’ohio, semble avoir été le premier médium moderne avec lequel les phénomènes de voix directes apparaissent. Dans la hutte de rondins déjà mentionnée, baptisée sa « chambre des esprits » (petit clin d’œil là aussi à notre cellule de contact), il obtient en 1852 et pendant les quelques années qui suivent bon nombre de phénomènes étonnants, parmi lesquels il y a des voix d’esprits parlant à travers un mégaphone en fer-blanc ou «trompette».
M. Charles Partridge, homme politique bien connu, est l’un des premiers à enquêter sur le sujet, décrit ainsi une séance chez les Koons où, en 1855, on entend parler l’esprit connu sous le nom de John King : «à la fin de la séance, l’esprit de King, comme à son habitude, prit la trompette et donna à travers elle une courte conférence, parlant de façon audible et distincte»….

La trompette est ici une sorte de porte-voix, qui a pour but d’amplifier les vibrations du son émit à l’intérieur. Hors et jusqu’à preuve du contraire, les esprits n’ont pas d’organes susceptibles de produire une expulsion d’air et encore moins un son articulé. Il apparaissait donc que quelque chose se produisait juste devant la trompette. Une foule d’observations permirent d’affirmer qu’il s’agissait d’un aggloméra vaporeux, presque organique, en général blanchâtre qui se formait juste devant la trompette et qui provenait directement du médium: l’ectoplasme.

Dans la multiplicité des expériences de ce genre, il apparaît aussi que les participants des dites expériences peuvent également en être la cause:

Il apparaît que l’ectoplasme qui provient pour l’essentiel du médium, mais aussi dans une moindre mesure des participants, est utilisé par les esprits opérateurs pour façonner quelque chose qui ressemble au larynx humain. C’est cela qu’ils emploient pour produire la voix.

Ce passage du livre est essentiel pour nous et une source d’inspiration. Lorsque les esprits nous orientaient vers la construction d’un dispositif susceptible de reproduire une voix humaine, nous nous rappelions alors le travail de nos ainés.

Le nom larynx virtuel était né. Les esprits s’en emparaient, certainement en accord avec ceci. La grande différence d’avec les expériences de 1852, c’est que le principe de fonctionnement utilise la pression atmosphérique et non plus l’ectoplasme (bien qu’en la matière nous ne savons pas si nous n’en produisons pas un, d’un genre très rudimentaire).

Mais une chose est sûre, notre procédé technique demande beaucoup moins d’énergie que pour l’extériorisation d’un ectoplasme. Aujourd’hui nous n’en sommes qu’aux balbutiements. La mise au point d’un tel dispositif est compliquée autant qu’inédite. De ce fait, nous ne pouvons compter que sur la force vive des membres de notre association et sur les conseils avisés des esprits eux-mêmes. Mais nous avons grand espoir et déjà nous voyons tout le potentiel de ce dispositif